L'Anthropic Economic Index est un observatoire publié par Anthropic qui mesure, à partir de conversations anonymisées, comment les professionnels utilisent réellement l'IA Claude dans leur travail. Il classe chaque échange selon le métier et la tâche auxquels il correspond, puis publie des parts d'usage par secteur, par tâche et par mode de collaboration. Voici ce que ces données de mai 2026 révèlent sur les usages professionnels de Claude.

Qu'est-ce que l'Anthropic Economic Index ?

L'Anthropic Economic Index (AEI) est un jeu de données publié par Anthropic qui associe le contenu des conversations avec Claude aux tâches professionnelles répertoriées par O*NET, le catalogue officiel des métiers utilisé par le gouvernement américain. Concrètement, un classificateur analyse le sujet d'une conversation et la rattache à une tâche précise (par exemple « rechercher des informations dans des bases de données ») et à un métier qui l'exerce couramment. Les données sont agrégées et anonymisées. On ne peut donc pas les utiliser pour remonter à un utilisateur identifié.

Process

L'index publie plusieurs indicateurs, à savoir :

  • la part d'usage par catégorie professionnelle et par métier ;
  • la part d'usage par tâche et par sujet de demande ;
  • le mode de collaboration dominant, entre augmentation et automatisation ;
  • une estimation du temps de tâche gagné.

Augmentation ou automatisation : comment se répartit l'usage ?

L'AEI distingue deux modes de collaboration. En mode augmentation, la personne reste aux commandes et Claude l'assiste, par itérations ou par apprentissage. En mode automatisation, Claude exécute la tâche de façon quasi autonome, avec une instruction directive et peu d'allers-retours. Sur l'ensemble des conversations observées en mai 2026, la répartition est presque équilibrée : 51,4 % d'augmentation contre 48,6 % d'automatisation.

Aucun des deux modes ne domine largement l'autre à l'échelle globale. Les usages se répartissent aussi entre trois grands contextes :

  • le travail (43,4 %) ;
  • l'usage personnel (40,2 %) ;
  • et les travaux scolaires ou universitaires (16,5 %).

Augmentation vs Automatisation

Notons aussi que le classificateur de l'AEI estime que des tâches qui prendraient en moyenne 5 heures à une personne sont traitées en près de 40 minutes de conversation avec Claude. Il s'agit d'une estimation automatisée par ordre de grandeur, pas d'une mesure chronométrée.

Les métiers qui utilisent le plus Claude

L'AEI classe les usages par catégorie professionnelle. Voici le classement des dix premières, sur la totalité des usages observés dans le monde :

  • Informatique et mathématiques : 23,8 %
  • Arts, design, spectacle et médias : 13,55 %
  • Enseignement et bibliothèques : 12,79 %
  • Vente : 9,14 %
  • Support administratif et de bureau : 7,89 %
  • Management : 5,9 %
  • Affaires et finance : 5,77 %
  • Sciences physiques et sociales : 4,51 %
  • Architecture et ingénierie : 3,56 %
  • Professionnels de santé : 3,31 %

Catégories de métiers

Les métiers de l'informatique dominent largement, mais l'écart avec les métiers créatifs et l'enseignement reste modéré. À l'inverse, la santé, l'ingénierie et les sciences occupent une place plus restreinte dans les usages observés.

Qu'en est-il des usages ?

Au-delà des métiers, l'AEI publie aussi les sujets de demande les plus fréquents. La création de contenu et la rédaction arrivent largement en tête, avec 22,7 % des conversations, devant l'éducation (13,2 %), le développement logiciel (11,5 %) et la recherche d'information (10,9 %).

Usages

Au niveau des tâches précises, la plus fréquente consiste à rechercher une information dans une base de données ou une source documentaire. Viennent ensuite la recherche dans des sources de référence, le conseil sur des produits ou services, le support technique logiciel ou matériel, puis l'écriture ou la modification de programmes. Ainsi, ce classement confirme que la recherche d'information, le conseil et la rédaction restent, toutes catégories professionnelles confondues, les usages les plus universels de Claude.

Zoom sur quelques métiers

Les moyennes globales cachent des différences marquées d'un métier à l'autre. Quelques exemples tirés de l'AEI l'illustrent bien.

  • Développeurs logiciels. Ce métier penche vers l'automatisation (61 % contre 39 % d'augmentation). La correction de bugs est la tâche la plus automatisée, tandis que la conception de systèmes et les échanges avec d'autres membres du projet restent plus collaboratifs.
  • Designers graphiques. Le rapport s'inverse : 70 % d'augmentation contre 30 % d'automatisation. La relecture critique d'une maquette ou la rédaction de texte pour un client mobilisent surtout l'augmentation, alors que l'archivage d'images ou la génération d'illustrations basculent vers l'automatisation.
  • Tuteurs et enseignants. L'usage y est presque équilibré, avec une légère dominante d'augmentation (51 %). L'évaluation de la progression d'un élève et le feedback motivant restent très collaboratifs, tandis que la correction d'évaluations ou la préparation de fiches pédagogiques penchent vers l'automatisation.
  • Cardiologues. L'augmentation domine nettement (62 %). Expliquer un résultat d'examen à un patient reste collaboratif, alors qu'un calcul technique, comme une surface valvulaire à partir de mesures de flux, est très majoritairement automatisé.

Comme vous pouvez le voir, les tâches relationnelles ou de jugement restent collaboratives, tandis que les tâches mécaniques ou répétitives basculent plus facilement vers l'automatisation.

Les limites de l'Anthropic Economic Index

L'AEI décrit des usages observés, pas le marché de l'emploi. Anthropic précise que ces données ne mesurent ni l'emploi, ni la sécurité de l'emploi, ni un quelconque risque d'automatisation des postes. Elles ne permettent pas non plus de suivre une évolution dans le temps, puisqu'il s'agit d'un instantané, sans série longitudinale ni données de revenu ou de PIB associées. De plus, une conversation rattachée à une tâche d'un métier donné ne signifie pas que son auteur exerce ce métier. L'AEI mesure des contenus de conversation, pas des profils d'utilisateurs.